João Selva

vendredi 2 avril - 20h00

JOÃO SELVA revient avec un deuxième album, véritable hymne à la créolité et au tropicalisme, porté par des sonorités funk, jazz ou encore disco. Un carnet de voyages exubérant où l’on retrouve la pétillante Flavia Coelho et le talentueux producteur multi instrumentiste Patchworks (Voilaaa, The Dynamics, David Walters, Mr President, Taggy Matcher). Embarquez pour une croisière musicale palpitante en compagnie d’un esprit brésilien nomade, naviguant à vue sur le mythique Atlantique Noir.

Fils d’un pasteur d’Ipanema, João Selva a grandi à Rio de Janeiro dans une communauté d’anciens prisonniers et d’artistes convertis. C’est sous le regard bienveillant de Wanda Sá – une des icônes de la bossa nova – qu’enfant il égrène ses premières notes de guitare. Influencé par son père, mélomane et collectionneur de disques en tous genres, il se plonge dans la pratique des musiques brésiliennes (capoeira angola, samba de roda, maracatu, coco de roda) et à l’âge de 18 ans débute une carrière d’artiste itinérant qui le mènera à Lyon, bien des années plus tard.

Reconnu comme un ambassadeur des musiques brésiliennes en France, il fait ses premières armes au sein du trio Forró de Rebeca, avec lequel il sillonne de prestigieuses scènes françaises. En parallèle, il s’associe au producteur américain Maga Bo, compère de Diplo et précurseur de la « Tropical Bass », pour créer le projet Sociedade Recreativa, un mélange détonant d’électronique et de rythmes traditionnels brésiliens. S’ensuivront plusieurs tournées internationales et deux albums salués par la presse spécialisée (Songlines, Télérama, Les Inrocks,…) et largement diffusés par de nombreux DJs et radios (BBC, Nova, FIP, RFI,…).

Après avoir collaboré avec de nombreux artistes – de Papet J des Massilia Sound System à sa compatriote Flavia Coelho, en passant par Sir Jean et DJ TUDO, sa rencontre déterminante avec le prolifique bassiste et producteur Patchworks lance sa carrière solo. Croisés au hasard d’une jam session sur les pentes de la Croix Rousse au printemps 2016, les deux acolytes entament une collaboration fructueuse, tout d’abord avec le single «Vida Maravilha» – synchronisé dans le cadre d’une campagne publicitaire pour Citroën. Puis avec la publication de l’album « Natureza » en 2017 chez Favorite Recordings: une plongée dans l’univers tropicaliste des années 70 qui mêle samba, soul et funk vintage.

Adepte d’une pop tropicale exubérante et vintage, le carioca João Selva s’est fait remarquer avec un premier album qui faisait dialoguer avec élégance la frénésie des rythmiques brésiliennes avec d’autres expressions de la Great Black Music comme le jazz, la disco et le funk. Son deuxième album, le bien nommé «Navegar», est une feuille de route vers le soleil qui emprunte les voies mystérieuses de l’Atlantique Noir. En quittant son Rio de Janeiro natal et en passant par son Nordeste brésilien chéri, ce garçon d’Ipanema embarque l’auditeur dans un voyage musical qui parcourt la Caraïbe, le Cap Vert ou l’Angola. Un itinéraire original qui résonne comme un véritable hommage aux liens culturels qui unissent ces anciennes colonies portugaises, cadencé par les rythmes irrésistibles du forró, du kompa, du funaná ou du semba.

Pas étonnant que ce voyage transatlantique fasse escale à Lyon, ville de confluences où les musiques migrantes semblent facilement prendre racine. On ne compte plus le nombre de projets faisant référence, chacun à sa manière, à ces musiques de l’Atlantique Noir: de Vaudou Game à The Bongo Hop en passant par Dowdelin ou Bab l Bluz… la liste est longue. C’est depuis son studio des pentes de la Croix Rousse que le producteur Bruno Patchworks (responsable, entre autres, du dernier album de David Walters ou de Voilaaa) a façonné ce nouvel opus: une œuvre néo-tropicaliste sans nostalgie déplacée.

Dans un contexte politique et social catastrophique au Brésil, João Selva fait le pari d’un message gorgé de résilience et de tolérance. Des chansons comme «Tudo vai dar pé», ou «Camará» sont des odes à l’espoir de jours meilleurs tout en dénonçant la tyrannie de l’actuel président. L’amour est très souvent chanté, parfois sous sa forme charnelle (“Devagar”, “Meu Mundo”), d’autre fois de manière plus universelle (“Meu mano” featuring Flavia Coelho). Dans l’ensemble, le ton des textes est naïf et poétique (“Se você”), ancré dans le réalisme fantastique si caractéristique des grands auteurs d’Amérique Latine.

Enregistré suite à un voyage commun au Brésil fin 2019, João Selva et Bruno Patchworks ont su mettre dans cet album la bonne dose de «saudade», délivrant un cocktail tropical hautement revigorant. Leur musique s’apparente à un éloge de la créolité qui transporte et invite à larguer les amarres. A découvrir sur un album surprenant qui navigue à vue sur cet Atlantique Noir qui a tant marqué l’Humanité.